Turquie : jusqu'au crime de haine
Guillaume Perrier
Alternatives Internationales n° 053 - décembre 2011
Si les homosexuels turcs ont gagné en visibilité, leurs droits ont peu progressé. Mais surtout les actes de violence, parfois extrême, contre les gays et les transsexuels, ainsi que les mariages forcés de lesbiennes, restent monnaie courante.
Depuis la rentrée parlementaire, les sites Internet des deux principales organisations de défense des gays et lesbiennes turcs, Kaos GL et Lambda, ne sont plus accessibles dans l'enceinte de l'Assemblée nationale. L'administration les a jugés " pornographiques " et, pour les visiter, les députés doivent déposer une demande officielle. Cette mesure symbolique est la dernière humiliation en date pour une communauté sous pression. Elle " montre le manque de reconnaissance en Turquie de l'homosexualité comme une réalité ", juge Ali Erol, un des coordinateurs de l'association Kaos GL. L'homosexualité, non pénalisée par la loi, s'affiche facilement autour de Beyoglu, le quartier festif du centre d'Istanbul, avec ses bars ouvertement gays.
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