Tunisie : le syndicat se cherche une nouvelle légitimité
Thierry Brésillon
Alternatives Internationales n° 053 - décembre 2011
Syndicat unique sous Ben Ali, l'UGTT soignait au sommet ses relations avec le régime, mais les mouvements qui ont préparé la révolution sont partis de sa base. Divisée, elle cherche aujourd'hui à conserver une position privilégiée.
Depuis le scrutin du 23 octobre, la Tunisie est entrée dans un débat constitutionnel. Lors des récentes élections pour l'assemblée constituante, la question sociale s'est rappelée au souvenir d'une classe politique médusée de la manière la plus inattendue qui soit. Des listes soutenues depuis son exil londonien, par un thuriféraire notoire du régime de Ben Ali, Mohamed Hamedi Hachmi, se sont imposées sous l'appellation La Pétition populaire pour la liberté, la justice et le développement (Al-Aridha), comme la troisième force du pays avec vingt-six élus (dont six invalidés pour fraude, puis réattribués). Et même comme la première dans la ville de Sidi Bouzid d'où Mohamed Hamedi Hachmi est originaire et d'où est parti le soulèvement tunisien de décembre 2010.
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