Tunisie : répression "préventive"
Alternatives Internationales n° 028 - octobre 2005
A deux mois du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) qui se tiendra à Tunis, le président Ben Ali a à nouveau prouvé que, en matière de violation des droits de l'homme, il savait, lui aussi, communiquer: fin août, l'Association des magistrats tunisiens était privée de bureau; le 7 septembre, le Syndicat des journalistes tunisiens était interdit de congrès constitutif; deux jours plus tard, c'était au tour de la Ligue tunisienne des droits de l'homme de suspendre son congrès. Depuis son arrivée au pouvoir en 1987, Ben Ali nde cesse de s'en prendre à ses opposants potentiels, présumés ou imaginaires. Il y a au moins 500 prisonniers politiques dans les geôles, mais c'est toute la société qui est bâillonnée. La communauté internationale n'a jamais trouvé grand-chose à redire à ce pouvoir qui contient l'islamisme. Au "pays du sourire", seuls les invités du SMSI -placé sous l'égide de l'ONU- afficheront une mine radieuse. Les Tunisiens, eux, continueront de sourire jaune.
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