Terre promise
Corinne Moncel, Ristan de Bourbon
Alternatives Internationales n° 029 - novembre 2005
Prêts à tout pour une vie meilleure, les migrants chinois se sont lourdement endettés afin de passer à l'Ouest. Et le travail de ces esclaves modernes, vivant dans des conditions indécentes, profite à certaines grandes sociétés.
Ils étaient d'accord. Volontaires pour quitter Quingtian, dans la province du Zhejiang, en Chine du Sud-Est. M. Mme Ying n'étaient pourtant pas les plus à plaindre de leurs compatriotes: diplômés d'université et cadres dans une banque, ils voulaient juste une vie meilleure, gagner peut-être dix fois plus d'argent à l'étranger, comme des proches établis en Europe le leur avaient raconté. En 1998, ils empruntent l'équivalent de 27000 euros et se lancent dans l'import-export en Bulgarie, où ils ont obtenu un visa d'affaires de court séjour. Systématiquement rackettés par les policiers, c'est la faillite quelques années plus tard. Et le départ, sans un sou ni papier, vers la France. Ils empruntent encore 1500 euros pour payer un passeur. Les Ying doivent dorénavant près de 30000 euros à des usuriers.
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