Strasbourg: la mémoire monte sur scène
Thierry Brésillon
Alternatives Internationales n° 049 - décembre 2010
La compagnie Mémoires vives, créée à Strasbourg, traite du traumatisme colonial dans des créations théâtrales issues de la culture hip-hop pour replacer l'immigration dans l'histoire nationale et valoriser ceux qui en ont été les acteurs.
Mémoires vives. Vives parce que "les discriminations d'aujourd'hui ont des racines dans l'héritage colonial. C'est une représentation de l'Autre, un mode de relation… C'est le genre de racisme qu'on ne combat pas simplement avec un discours moral du type "Touche pas à mon pote! Voilà comment Yan Gilg, 40 ans, explique l'idée à l'origine de la compagnie qu'il a créée, dont il est le directeur artistique et le principal auteur. C'est comme animateur socioculturel qu'il découvre l'identité en souffrance des jeunes des quartiers sensibles de Strasbourg qui expriment leur malaise et leur colère à travers le rap. C'est par cette case hip-hop que démarre l'histoire de Mémoires vives (1) dans les années 1990.
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