Soyons raisonnables
Camille Dorival
La lettre de l'insertion n° 148 - juin 2008
Alors que le gouvernement ne cesse de discourir sur les vertus du dialogue social, il a aussi annoncé qu’il légiférerait sur l’offre raisonnable d’emploi… avant même que les partenaires sociaux aient eu le temps de discuter de la question, dans le cadre des négociations qui doivent s’ouvrir sur la nouvelle convention d’assurance chômage. Près de 450 000 offres d’emploi ne trouvent pas preneurs, nous répète-t-on : il devient donc urgent de contraindre les chômeurs à les accepter ; cela devrait suffire à résoudre le chômage de masse. Ce raisonnement simpliste deviendrait presque une évidence. Mais on ne nous parle pas de la nature de ces 450 000 offres : s’agit-il de contrats stables ou précaires ? De temps pleins ou de temps partiels imposés ? Les offres sont-elles compatibles avec les qualifications des chercheurs d’emploi disponibles ? Et quelles conditions de travail imposent-elles ?
Le gouvernement menace les chômeurs de sanctions s’ils n’acceptent pas de se plier aux conditions de travail et d’emploi imposées par les entreprises. Pourtant, pour combattre le chômage tout en évitant le dumping social, c’est plutôt sur les employeurs qu’il devrait faire pression, en leur imposant de proposer des emplois « valables » et de s’adapter davantage à la main-d’œuvre existante. Quitte à la former si nécessaire ou à faire évoluer le poste de travail proposé en fonction des qualifications disponibles.
Camille Dorival
La lettre de l'insertion n° 148 - juin 2008
-
Abonnement et réabonnement
-
J'achète un numéro -
Inscription à la newsletter -
Forfait de consultation de 30 articles pendant 48H -
Extension d'accès aux archives -
Cédérom d'archives -
Mon espace personnel -
Tous les livres de la collection Alternatives Economiques
-
Collection pédagogique
- Qui sommes-nous ?
- L'association des amis d'Alternatives Internationales
- Conditions générales de vente



























Commenter cet article










