Solidarité : course informatique Paris Dakar |
Jean-Claude Djian
Alternatives Internationales n° 025 - juin 2005
Lutter contre la fracture numérique dans deux écoles primaires de Pikine et Yeumbeul, la banlieue pauvre de Dakar: c'est le défi d'Antoine, Corentin et Jonas, âgés de 18 à 19 ans, élèves du lycée de la solidarité internationale (LSI) à Paris. Partis pour Dakar fin janvier, deux d'entre eux sont rentrés le mois dernier, heureux d'avoir mené à bien leur projet. Le troisième, Antoine, a prolongé son séjour. L'objectif était d'équiper les deux écoles avec 40 ordinateurs recyclés en provenance de France, de les connecter à Internet et de former une vingtaine d'enseignants à l'usage et à la maintenance du matériel fourni. Une manière de répondre à l'appel lancé en juin 2002 par Kofi Annan pour réduire le fossé numérique entre pays du Nord et du Sud. Afin de mener à bien leur mission, les trois lycéens avaient eux-mêmes, avant leur départ, suivi assidûment une formation. Le succès de l'opération tient aussi aux partenariats noués par le LSI, en particulier avec l'ONG sénégalaise Cauris, qui a prêté ses salles de formation, et Diiara, une association parisienne qui se charge de récupérer des ordinateurs obsolètes auprès des entreprises, d'en vérifier le bon fonctionnement et de les fournir à des écoles primaires sénégalaises. A l'avenir, Diiara compte développer son activité vers d'autres pays africains.
Le LSI, qui a ouvert ses portes il y a trois ans, n'a ni grilles, ni murs. C'est une école dans l'école, plus précisément une section un peu particulière du lycée public Jean-Lurçat, dans le 13e arrondissement de Paris, qui regroupe des jeunes en difficulté scolaire. "Nous avons commencé avec 12 élèves, maintenant il y en a 30 sur 2 niveaux, explique Philippe Taburet, prof à Jean-Lurçat et à l'origine du LSI, projet soutenu par le proviseur et le ministère de l'Education. Notre objectif, à travers des actions de solidarité internationale, est de remotiver des élèves qui ont décroché. Ils retrouvent confiance en eux en travaillant sur des projets personnels, ce qui leur permet de retourner vers un cursus général ou technologique et de préparer leur bac. Le LSI, c'est tout sauf un ghetto." Au cours du premier semestre, les élèves font un stage de quinze jours dans des associations caritatives (Secours Catholique, Emmaüs…). Ils découvrent l'importance de l'aide aux autres et comment, simples lycéens, ils peuvent se rendre utiles. Le second semestre est marqué par la conduite d'un projet collectif durant un voyage de trois semaines au Sénégal, un pays que Philippe Taburet connaît bien. A Diara, petit village à l'extrême nord du pays, près de la frontière mauritanienne, professeurs et élèves ont équipé l'an dernier une case de santé, planté des bananiers et posé des panneaux solaires sur le toit de l'école. Cette année, pour Antoine, Corentin et Jonas, les trois semaines destinées à initier les projets de Pikine et de Yeumbeul se sont prolongées en une vraie mission de coopération.
LSI, Lycée Jean-Lurcat, 121, rue de Patay 75013 Paris. Tél.: 01 44 06 77 50, mail: lsi-2004@hotmail.fr
Jean-Claude Djian
Alternatives Internationales n° 025 - juin 2005
-
Abonnement et réabonnement
-
J'achète un numéro -
Inscription à la newsletter -
Forfait de consultation de 30 articles pendant 48H -
Extension d'accès aux archives -
Cédérom d'archives -
Mon espace personnel -
Tous les livres de la collection Alternatives Economiques
-
Collection pédagogique
- Qui sommes-nous ?
- L'association des amis d'Alternatives Internationales
- Conditions générales de vente



























Commenter cet article










