Sénégal : le bio contre l'exode rural
Aurélie Fontaine
Alternatives Internationales n° 051 - juin 2011
" Retrouvons notre terre, elle nous nourrira ! " Pour casser la dépendance des paysans à la monoculture et aux pesticides, un ancien professeur d'histoire-géographie, Gora Ndiaye, a monté une ferme-école. Avec pour ambitions de former les jeunes au maraîchage bio et de redonner le goût de la terre.
A une centaine de kilomètres au sud de Dakar, la région du Sine-Saloum est aride. Ici, les paysans cultivent à 80 % du mil et de l'arachide. Difficile de faire pousser autre chose. Pourtant, dans le village de Samba Dia, on découvre une véritable oasis derrière des murs blancs. Des dizaines d'espèces de fruits et légumes poussent sous des rangées de cocotiers, plantés pour enrichir la terre : haricots, courgettes, fraises… Rien que du " bio ". Nous sommes dans la ferme-école de Kaydara [1] (" Viens à l'école de la vie ", en wolof). Gora Ndiaye, le directeur quinquagénaire, raconte l'histoire de sa structure, unique au Sénégal. Les paysans dépendent de l'arachide et ont du mal à être payés par les opérateurs, sans compter les périodes de sécheresse.
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