Sahel : faim sans moyens
Alternatives Internationales n° 025 - juin 2005
Pluies trop maigres et attaques de criquets. Les agriculteurs et les éleveurs sahéliens ont été durement touchés cette année et la production de céréales a baissé dans la plupart des pays de la région, entraînant des hausses du prix du mil, la nourriture de base. Au Mali et au Burkina Faso, la récolte céralière a baissé de 12 et 14% respectivement par rapport à l'année précédente. Au Tchad, elle a chuté d'un tiers. Au Niger, la FAO a estimé à 3000 le nombre de villages menacés de graves pénuries, soit 2,5 millions de personnes. En Mauritanie, particulièrement ravagée par les acridiens, la population qui a déjà subi plusieurs années de sécheresse "a épuisé les possibilités de faire face à la situation", indique encore la FAO. L'organisation a demandé à la communauté internationale de décaisser d'urgence 11,4 millions de dollars pour acheter des semences, de la nourriture pour le bétail et pour fournir des soins vétérinaires. Car, au-delà des besoins immédiats d'aide alimentaire, c'est l'avenir qu'il faut préserver. Mais mi-mai, seuls l'Italie, la Norvège et les Etats-Unis avaient répondu à l'appel… pour 2,1 millions de dollars. Une pingrerie navrante d'autant que, depuis quelques an-nées, le Sahel a renoué avec les bonnes récoltes et n'a besoin que d'un coup de pouce pour se sortir de cette mauvaise passe.
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