Revenir au capitalisme. Pour éviter les crises
Ed. Odile Jacob, 2010, 250 p., 25 euros.
Denis Clerc
Alternatives Economiques n° 290 - avril 2010
Fallait-il attendre autre chose de Pascal Salin que cette analyse où il affirme que lui seul (et quelques économistes de la même tendance - "autrichienne" - que lui) a compris ce que les autres s'acharnent à refuser de voir, la malfaisance absolue de l'Etat?
Malfaisance, le mot n'est pas trop fort. Car, non seulement les Etats ont rassemblé le bois qui a permis l'incendie de la crise (l'alimentation en liquidités excessives), non seulement ils ont fourni les allumettes (en suscitant l'endettement de ménages insolvables), mais en outre ils ont organisé l'irresponsabilité (sauver les banques, refinancer les crédits immobiliers via des organismes publics) et, comble du scandale, ils ont, comme toujours, contraint les contribuables à payer la note et à financer des plans de relance absurdes.
Comme si la crise pouvait venir d'une insuffisance de la demande (comme le prétendait l'ignare et benêt Keynes), alors qu'elle résulte du refus de faire du marché le seul juge et le seul arbitre. Ah, si nous avions eu un système (privé) de retraites par capitalisation, des actionnaires qui soient de vrais actionnaires et non des sociétaires de mutuelles absentéistes, des investissements financés par une vraie épargne…
Ce que nous décrit l'auteur, ce n'est pas autre chose que le capitalisme du XIXe siècle: s'est-il une seule fois demandé pourquoi, alors, il y avait aussi des crises (1873), davantage de misère et moins de croissance? Tout à ses raisonnements sur le papier, Pascal Salin ignore les faits, persuadé d'avoir découvert le Saint-Graal de la vérité. Comment dit-on "secte" en langage économique?
Ed. Odile Jacob, 2010, 250 p., 25 euros.
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Ensuite en 1873 il n'y a eu qu'un ralentissement de la croissance. Ceci pouvant s'expliquer par de nombreux facteurs.
Et heureusement qu'il y avait d'avantage de misère aux XIX qu'aujourd'hui ! En 150ans heureusement que la situation à changer ! Ceci étant dû à l'entrer dans le capitalisme qui a permis un développement plus important dans les 150 dernières années que dans tout le millénaire.
Moins de croissance vous dîtes ?
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/lyc-tgautier-tarbes/spip/IMG/pdf/croissance_19_siecle-2.pdf
Tout ça pour vous dire que votre critique du dernier ouvrage de Pascal Salin ne repose sur rien.
Ensuite en 1873 il n'y a eu qu'un ralentissement de la croissance. Ceci pouvant s'expliquer par de nombreux facteurs.
Et heureusement qu'il y avait d'avantage de misère aux XIX qu'aujourd'hui ! En 150ans heureusement que la situation à changer ! Ceci étant dû à l'entrer dans le capitalisme qui a permis un développement plus important dans les 150 dernières années que dans tout le millénaire.
Moins de croissance vous dîtes ?
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/lyc-tgautier-tarbes/spip/IMG/pdf/croissance_19_siecle-2.pdf
Tout ça pour vous dire que votre critique du dernier ouvrage de Pascal Salin ne repose sur rien.
Il faut se souvenir que le cours forcé a été instauré en 1870 en France et en Allemagne du fait de la guerre. Il a été supprimé seulement en 1878 en France même si la Banque de France avait un peu repris les conversions dès 1873. Autrement dit, la décennie a commencé sous une pluie de papier-monnaie.
Aux Etats-Unis, le système bancaire est en piteux état alors qu'il se remet à peine de l'orgie de papier-monnaie durant la guerre civile. L'interdiction du branch banking fait que le pays comporte des milliers de petites banques locales peu capitalisées. De plus, la réglementation les oblige souvent à détenir une partie de leur bilan en dette publique de l'état où elles résident. Enfin, des crédits garantis par les pouvoirs publics sont accordés aux entrepreneurs de chemins de fer qui reçoivent des terres pour construire une ligne, contre une hypothèque sur le terrain.
Manipulation politique de la monnaie et du crédit. Crise. Ca vous rappelle quelque chose?
Mais comparaison n'est pas raison. Ce qui justifie le parallèle entre la crise de 1873 et la crise actuelle (ou toutes les crises financières, en fait) c'est qu'il y a une théorie qui explique le lien de cause à effet entre expansion artificielle du crédit bancaire et cycles économiques : la théorie autrichienne du cycle. Elle a été développée par Mises et Hayek, et gagnerait à être plus connue.
Ayant leur propre théorie des crises depuis 1912 pour Mises et le début des années 30 pour Hayek, les autrichiens ont hélas tardé à critiquer la Théorie générale de Keynes à laquelle Denis Clerc fait indirectement allusion. En 1962, cependant, Henry Hazlitt publie une critique méticuleuse de la Théorie Générale intitulée The failure of the new economics. Une excellente lecture : http://www.scribd.com/doc/10249437/
Il faut se souvenir que le cours forcé a été instauré en 1870 en France et en Allemagne du fait de la guerre. Il a été supprimé seulement en 1878 en France même si la Banque de France avait un peu repris les conversions dès 1873. Autrement dit, la décennie a commencé sous une pluie de papier-monnaie.
Aux Etats-Unis, le système bancaire est en piteux état alors qu'il se remet à peine de l'orgie de papier-monnaie durant la guerre civile. L'interdiction du branch banking fait que le pays comporte des milliers de petites banques locales peu capitalisées. De plus, la réglementation les oblige souvent à détenir une partie de leur bilan en dette publique de l'état où elles résident. Enfin, des crédits garantis par les pouvoirs publics sont accordés aux entrepreneurs de chemins de fer qui reçoivent des terres pour construire une ligne, contre une hypothèque sur le terrain.
Manipulation politique de la monnaie et du crédit. Crise. Ca vous rappelle quelque chose?
Mais comparaison n'est pas raison. Ce qui justifie le parallèle entre la crise de 1873 et la crise actuelle (ou toutes les crises financières, en fait) c'est qu'il y a une théorie qui explique le lien de cause à effet entre expansion artificielle du crédit bancaire et cycles économiques : la théorie autrichienne du cycle. Elle a été développée par Mises et Hayek, et gagnerait à être plus connue.
Ayant leur propre théorie des crises depuis 1912 pour Mises et le début des années 30 pour Hayek, les autrichiens ont hélas tardé à critiquer la Théorie générale de Keynes à laquelle Denis Clerc fait indirectement allusion. En 1962, cependant, Henry Hazlitt publie une critique méticuleuse de la Théorie Générale intitulée The failure of the new economics. Une excellente lecture : http://www.scribd.com/doc/10249437/