Retraites : il en va de notre avenir
Guillaume Duval
Article Web - 24 juin 2010
En ajoutant des mesures injustes à un système complexe et illisible, la réforme est loin de pouvoir rassurer les Français sur l'avenir à moyen terme des retraites par répartition.
La contestation du projet de réforme des retraites est légitime et compréhensible. Rappellons les mesures clefs proposées par le gouvernement : l'âge minimal de départ devrait être porté à 62 ans en 2018 ; l'âge auquel on a droit à une retraite à taux plein même sans avoir cotisé suffisamment serait porté, lui, à 67 ans ; enfin, la durée minimale de cotisation serait prolongée à 41,5 ans en 2020.
Ces mesures posent de nombreux problèmes. Repousser l'âge minimal de départ touche tout d'abord au premier chef les personnes qui ont commencé à travailler très tôt. Or, celles-ci connaissent souvent des conditions de travail difficiles et ont une espérance de vie inférieure à la moyenne. Certes, un dispositif devrait permettre à ceux qui ont commencé à travailler à 16 ans de partir à 60 ans, mais cela leur impose quand même une durée de cotisation de 44 ans, très supérieure aux autres. Quant au report à 67 ans de l'âge donnant accès au taux plein, cette mesure touche surtout les femmes qui ont fréquemment des carrières à trous.
La priorité donnée au recul rapide de l'âge de départ en retraite est de toute façon très problématique au moment où le chômage atteint de nouveau des sommets, avec 4,5 millions de personnes inscrites à Pôle emploi en avril dernier, soit un million de plus qu'en 2008. En effet, ces mesures pèseront négativement sur un marché du travail très déprimé.
Le recul des âges de départ devrait permettre d'économiser 20 milliards d'euros en 2020. Le projet de réforme prévoit aussi une hausse du taux de cotisations retraite des fonctionnaires de 7,85 % aujourd'hui à 10,55 % en 2020. Cet alignement sur le privé n'est pas choquant en lui-même mais, combiné aux pertes de pouvoir d'achat passées et aux perspectives d'austérité salariale pour les mois qui viennent, il concourt à démotiver des agents auxquels on avait promis pourtant de meilleures rémunérations en échange de la réforme de l'Etat.
Les revenus des plus aisés devraient également être taxés via une hausse d'un point du taux marginal de l'impôt sur le revenu, de 40 % à 41 %. Recettes supplémentaires : 230 millions d'euros en 2011 (0,01 % du PIB). D'autres mesures plus substantielles sont cependant prévues sur certains revenus du capital à hauteur de 1,5 milliard d'euros. Les allégements de cotisation consentis aux entreprises devraient aussi être rognés de deux milliards d'euros. Une mesure qui risque de peser sur les évolutions salariales du privé au cours des prochains mois. Enfin, le Fonds de réserve des retraites sera mobilisé sans attendre 2020 comme prévu lors de sa création en 1999.
En préservant un système complexe et illisible, en prévoyant des mesures injustes, et en ne recherchant pas un large consensus, cette réforme est loin de pouvoir rassurer les Français sur l'avenir à moyen terme des retraites par répartition…
Guillaume Duval
Article Web - 24 juin 2010
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toutes les professions voudront être reconnues comme étant pénibles et necessitant un départ à 60 ans, et celles qui ne le seront pas reprocheront aux autres de l'être. Il n'est qu'à voir ce qui s'est passé avec les travailleurs des régimes spéciaux traités de privilégiés par les autres travailleurs.
Aujourd'hui ceux qui travaillent sur des plateaux d'appels téléphoniques n'ont-ils pas un travail pénible pouvant affecter leur espérance de vie future?
Pourtant ils ne sont ni maçons, ni soudeurs, on arrivera jamais à s'entendre entre travailleurs sur la pénibilité malgré les évidences qu'on essaie de nous asséner, même les cadres aujourd'hui font un travail pénible car quel que soit le travail la production, dite moderne, le rend pénible.
Il faut maintenir l'âge de la retraite à 60 ans pour tous c'est le moins mauvais des systèmes et celui qui préserve la solidarité entre travailleurs.
Pour que plus de travailleurs aient envie de continuer à travailler au delà de 60 ans il y a un moyen simple c'est d'aménager et améliorer les conditions de travail
en particulier en travaillant moins. Si la vie au travail devient agréable alors les travailleurs travailleront plus longtemps avec plaisir,aujourd'hui avec l'intensification du travail c'est l'inverse qui se produit dans les entreprises. Plutôt que de contraindre il faut donner envie.
Le problème conjoncturel de déficit des caisses de retraite vient du fait que la population de 20 à 59 ans en âge de travailler n'a pas de travail, transformons donc déjà le travailler plus en travailler tous et nos caisses sociales seront en meilleure santé.
Enfin pour faire face à l'accroissement du nombre de retraités dans les 30 ans à venir il faut accroître les recettes et pour cela élargir l'assiette à d'autres revenus que ceux du travail qui sous l'effet des gains de productivité se réduisent comme peau de chagrin.
La solution n'est donc certainement pas de faire travailler plus longtemps ceux qui travaillent déjà beaucoup trop.
Ceci ne passe-t-il pas par une réforme des institutions et du fonctionnement des entreprises.
Nous réagissons aujourd'hui dans l'urgence pour des années d'ingérence économique. Aujourd'hui endettés à plus de 75 % du PIB nous n'avons même plus les moyens de nous donner les moyens de réagir. Et nous continuons à se comprimer en posant des garrots au lieu de soigner le mal à l'origine de l'hémorragie.
Tant que la France n’aura pas intégré la REALITE de ce qu’est l’Economie, tant que le législative se bornera aux acquis appris obsolètes, l’exécutif continuera à gérer financièrement le pays plutôt qu’Economiquement. La croissance, fut-elle strictement écologique ne pourra pas être au rendez-vous ! Pire l’inflation sera supérieure à la croissance.
Nous ne sortirons du mécanisme du maelström dépressionnaire qu’en impliquant tous les citoyens avec un recyclage Fiscal/Social DOTANT. Le reste n’est que du rêve, de l’utopie, de l’irréalisme !
Avec une remise en route rapide des fondamentaux économiques de l’IOS Table, ce qu’on appelle la crise peut TRES FACILEMENT disparaître.
La mécanique explicative se trouve notamment sur http://www.critiqueduliberalisme.com
Jack Maillard
Je suis globalement d'accord avec l'analyse de Guillaume Duval. On est loin d'avoir solutionné le problème. Mon parcours professionnel m'a amené à me préoccuper depuis longtemps de l'avenir de notre système, et j'ai tout récemment créé un blog pour y présenter mes idées. Je vous invite à me rendre visite à cette adresse :
http://www.retraite-quel-avenir.com
A bientôt.