Rentabilité : les profits du CAC 40 ? Ils vont bien, merci
Philippe Frémeaux
Alternatives Economiques n° 277 - février 2009
Les entreprises du CAC 40 devraient afficher 94 milliards d'euros de profits en 2008. Avec cependant de fortes disparités.
Les profits des entreprises du CAC 40, qui rassemble les 40 plus grosses entreprises françaises cotées à la Bourse de Paris, devraient s'élever à près de 94 milliards d'euros en 2008, soit à peine moins que les 100 milliards engrangés en 2007 (1). Mieux, aucune d'entre elles ne devrait être dans le rouge, à l'exception de Dexia, qui a pris de plein fouet la crise des subprime. Cette résistance témoigne de la flexibilité croissante de ces entreprises, qui parviennent à réduire leurs coûts dès que la demande fléchit.
A regarder plus en détail, les situations varient cependant fortement. Les deux championnes des profits - Total, avec plus de 15 milliards d'euros et Arcelor Mittal, plus de 11 milliards - ont surfé sur les cours élevés des matières premières avant le retournement intervenu à l'été 2008. De même pour Vallourec, dont l'activité (la fabrication de tubes en métal) est indexée sur celle de l'industrie pétrolière.
Les profits des banques sont en revanche en sévère baisse par rapport aux années antérieures. Ils demeurent toutefois positifs pour BNP Paribas et la Société générale, et dans une moindre mesure pour Crédit agricole SA. Grâce aux revenus récurrents tirés de leurs activités de banque de détail: les intérêts versés sur les crédits immobiliers, les découverts bancaires et les frais de tenue de compte des particuliers ont permis de compenser les bêtises faites par les traders sur les marchés. Les dirigeants de ces banques ont tout de même dû renoncer à leurs bonus à la demande du Président… (voir ci-contre).
La résistance des profits du CAC 40 s'explique aussi par le positionnement spécifique de nombreux grands groupes cotés français. Les grosses capitalisations issues des privatisations des services publics opérées ces vingt dernières années bénéficient de rentes solides et opèrent sur des marchés peu concurrentiels: France Télécom, GDF-Suez, EDF dégagent ainsi autour de 5 milliards de résultats chacune; Bouygues et Vivendi, affichent également de copieux profits grâce à leurs réseaux de téléphonie mobile. Suez Environnement, Veolia Environnement et Vinci continuent aussi de vivre très correctement de la distribution de l'eau, du tri des déchets ou de la gestion des parkings ou des autoroutes.
En revanche, nos derniers champions industriels souffrent. Pour certains, tel Alcatel-Lucent, la crise actuelle ne fait qu'accentuer des difficultés anciennes. En revanche, Lafarge et Saint-Gobain, qui se portaient plutôt bien jusque-là, subissent le retournement du secteur du bâtiment. De même, PSA et Renault pâtissent de l'effondrement des ventes de voitures au quatrième trimestre.
(1)
Selon Pythagore investissement, gestionnaire de fonds, cité par Les Echos du 8 janvier.Philippe Frémeaux
Alternatives Economiques n° 277 - février 2009
Notes
(1)
Selon Pythagore investissement, gestionnaire de fonds, cité par Les Echos du 8 janvier.
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