Rénovation urbaine : constat d'échec
Alternatives Economiques n° 275 - décembre 2008
Améliorer le cadre de vie des habitants des quartiers dits "sensibles", telle est la mission de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). Dotée de 12 milliards d'euros, elle a pour objectif la démolition et la reconstruction de 250 000 logements d'ici à 2013 et la rénovation de 400 000 autres. Or fin 2007, les trois quarts des crédits étaient déjà affectés alors que les opérations programmées représentaient moins de la moitié des objectifs. Et le nombre d'opérations effectivement commencées est très loin derrière. Tel est le bilan sévère dressé par le Comité d'évaluation de l'Anru dans son dernier rapport, qui pointe bien d'autres faiblesses: la part des logements très sociaux reste trop limitée (8,5% seulement); les reconstructions ne suivent qu'avec retard les démolitions, ce qui crée des problèmes de relogement; la rénovation du bâti n'enraye pas la ghettoïsation.
Le rapport alerte surtout sur le désengagement financier de l'Etat: dans le budget 2009, l'Etat s'est totalement défaussé du financement de l'Anru sur le 1% logement, censé aider au logement de tous les salariés.
Alternatives Economiques n° 275 - décembre 2008
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