Que veut la Turquie ? Ambitions et stratégies Internationales
Autrement (130 pages, 16 euros)
Pierre Barrot
Alternatives Internationales n° 045 - décembre 2009
Professeur de sciences politiques, l'auteur s'efforce de dessiner les contours de la politique étrangère turque. L'une des difficultés est d'identifier qui détermine cette politique. Si le ministère des affaires étrangères est traditionnellement pro-européen et « idéologiquement laïc », la Turquie appartient à l'Organisation de la conférence islamique, dont la charte est contraire à sa Constitution mais dont le secrétaire général est turc. La politique extérieure turque est pétrie de paradoxes : une solidarité islamique qui n'empêche pas des relations étroites avec Israël, un président et un premier ministre islamistes mais proeuropéens - et garants des institutions démocratiques face à un pouvoir militaire prétendument laïc mais volontiers putschiste.
Selon les acteurs, la Turquie privilégie l'ancrage européen ou le panturquisme (de la Bosnie au Xinjiang, on compte 120 millions de turcophones), la solidarité islamique ou la fidélité à l'alliance militaire avec les Etats-Unis. Elle cultive tantôt la nostalgie de l'Empire ottoman, tantôt l'héritage de Mustafa Kemal. Tous les déterminants de la politique extérieure se conjuguent cependant autour des trois abcès de fixation : Chypre, le conflit kurde et le génocide arménien. Les évolutions récentes sur ces trois questions montrent que malgré sa complexité, la politique de la Turquie est capable d'avancées prometteuses.
Autrement (130 pages, 16 euros)
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