Quand les Chinois luttent pour leurs droits
Jean-Louis Rocca, Directeur des Ateliers franco-chinois de Pékin et chargé de recherche au Ceri
Alternatives Internationales Hors-série n° 007 - décembre 2009
Paysans expropriés, ouvriers exploités, propriétaires spoliés… Les mouvements sociaux s'affirment en Chine. Pour l'application des lois. Non contre le régime.
Lorsqu'on évoque les mouvements sociaux en Chine, il existe une indéniable propension des commentateurs à les opposer d'une manière absolue au "pouvoir". Société et élites dirigeantes, résistance et répression seraient des entités sans "territoire commun". Pourtant, à bien l'observer, la protestation sociale chinoise dément cette approche habituelle. Il n'existe pas, pour commencer, une forme de protestation mais des mouvements de protestation, que l'on rassemble arbitrairement sous un seul vocable. En effet, il y a peu de points communs entre, par exemple, les manifestations des paysans venant travailler en ville (les mingong) et les mouvements de défense des propriétaires d'appartements.
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