Quand la France doit-elle entrer en guerre ?
Alternatives Internationales n° 053 - décembre 2011
Si son territoire est attaqué, un pays n'a pas le choix. Mais quand doit-il intervenir ailleurs, en Libye ou en Afghanistan par exemple ? Pour servir quelle cause, pour défendre quels intérêts peut-il risquer la vie de ses soldats et prendre la responsabilité de tuer ? De quel droit et avec quelle légitimité ?
- Quand la France doit-elle entrer en guerre ? (introduction au dossier)
- Le regard du philosophe : le brouillard des mots pour cacher la guerre
- Le regard du juriste : les Etats font dire au droit ce qui les arrange
- Le regard du militaire : peut-on vraiment anticiper l'évolution d'un conflit ?
- Le regard du politologue : au nom du moindre mal et de l'intime conviction
- Le regard de l'humanitaire : ces ONG qui appellent aux armes
- Mourir pour quoi ?
Tuer et être tué. La guerre, régulière ou pas, peut brutalement se résumer à ce binôme. Chaque camp tente de réduire les risques pour lui-même, en infligeant le maximum de pertes matérielles et humaines à l'autre afin qu'il rende les armes, militaires et politiques. A quel moment un pays comme la France doit-il s'engager dans une telle épreuve ? Si son territoire est directement menacé, il n'a pas le choix. ...
Depuis quelques décennies, l'Occident ne se dit plus en guerre. Il " intervient ". Sous l'apparente neutralité technique de ce terme, se cache un état d'esprit. Derrière le brouillard des mots, apparaît un nouveau visage de la guerre.
Alors qu'à l'origine, la Charte des Nations unies interdisait quasiment le recours à la force, elle intègre désormais, à l'initiative de pays occidentaux, des exceptions critiquées notamment par la Russie et la Chine.
Malgré la sophistication de leurs moyens de renseignement, les grandes puissances militaires s'avèrent incapables d'anticiper le cours de certaines opérations armées. Analyse de deux décennies d'engagements occidentaux.
En 2005, l'Organisation des Nations unies a adopté un document reconnaissant aux Etats la " responsabilité de protéger ". Toute intervention militaire qui se prétend humanitaire est-elle pour autant légale ou légitime ?
Assurer une aide humanitaire aux victimes de conflits peut-il impliquer de faire appel à une intervention militaire ? Oui, selon certaines ONG. Non, affirme Médecins sans frontières, qui défend la démilitarisation des espaces de soin.
Dans quels buts la France est-elle intervenue en Libye ? En avait-elle les moyens sans le soutien de son allié américain ? Que fait l'armée française en Afghanistan ? Combien d'hommes la nation est-elle prête à sacrifier dans des conflits lointains ? Regards croisés du militaire et du sociologue.
Justifier la guerre ?, Gilles Andréani et Pierre Hassner (dir.), Les Presses de Sciences Po, 2005.
L'Intervention armée peut-elle être juste ?, Jean-François Rioux (dir.), Fides, 2007.
Le Pari de la guerre, Ariel Colonomos, Denoël, 2009.
La Fabrication de l'ennemi, Pierre Conesa, Robert Laffont, 2011.
" Guerre et opinion publique ", Inflexions, n° 14, La Documentation française, 2010.
Alternatives Internationales n° 053 - décembre 2011
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