Pôle emploi ou la quadrature du cercle
Carole Tuchszirer, chercheure au Centre d'études de l'emploi
Alternatives Economiques n° 309 - janvier 2012
La crise a bousculé les priorités fixées à Pôle emploi. C'est le constat qui s'impose à la lecture de la dernière convention conclue entre l'Etat, l'Unédic et Pôle emploi pour la période 2012-2014, qui définit la feuille de route confiée à Jean Bassères, nouveau directeur de l'opérateur public.
L'heure est à la rationalisation et au redéploiement des ressources vers l'accompagnement des demandeurs d'emploi. Le suivi mensuel prévu avec chaque demandeur d'emploi est supprimé. Il est désormais réservé aux chômeurs les plus en difficulté. En fait, il conviendra désormais de faire mieux, mais à moyens constants. Mieux pour les jeunes et les seniors en leur évitant le chômage de longue durée. Mieux pour permettre aux chômeurs d'accéder à des formations synonymes d'accès à l'emploi. Mieux pour les indemniser rapidement et les focaliser sur la recherche d'emploi. Mieux pour que Pôle emploi collabore plus activement avec les autres acteurs présents localement (Etat, partenaires sociaux, collectivités territoriales).
A ce titre, on notera cependant la faible référence aux allocataires du revenu de solidarité active (RSA), qui dépendent des départements mais dont l'accompagnement vers l'emploi est l'affaire de Pôle emploi. Les évaluations récentes ont pourtant pointé l'insuffisance de l'offre de service pour ce public. Cela n'augure rien de bon dans les relations entre Pôle emploi et les conseils généraux.
Autres acteurs à faire les frais de ce recentrage : les entreprises. Selon la précédente convention, la relation entreprise devait faire l'objet d'une intermédiation active et ne plus être considérée comme un sous-produit de la lutte contre le chômage. Dans le nouveau texte, il n'est plus fait mention de la " part de marché de Pôle emploi " (proportion des offres déposées à Pôle emploi parmi l'ensemble des offres d'emploi) pour apprécier ses résultats, alors que cet indicateur était autrefois adulé. En conséquence, le temps que les agents consacreront à prospecter les entreprises en vue de recueillir leurs offres d'emploi devrait baisser, de même que celui dédié à la mise en relation des entreprises avec les demandeurs d'emploi. Car dans cette convention, les chômeurs sont invités, plus que par le passé, à contacter directement les entreprises, qui préalablement auront pris soin de déposer leurs offres de façon nominative, c'est-à-dire avec leurs coordonnées complètes.
Cette voie, qui est plutôt celle de la désintermédiation, est-elle la meilleure pour lutter contre l'exclusion des demandeurs d'emploi les moins autonomes ? On peut en douter. Car pour favoriser l'embauche de publics fragiles, il importe que Pôle emploi puisse accroître sa part de marché sur l'ensemble des offres. Et qu'il puisse, par le biais d'une intermédiation active, et avec l'aide éventuelle de contrats aidés, inciter l'entreprise à recruter des profils qu'elle aurait spontanément écartés pour des raisons discutables et donc négociables.
Carole Tuchszirer, chercheure au Centre d'études de l'emploi
Alternatives Economiques n° 309 - janvier 2012
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Scarabée : Allo Rebecca, j'ai devant moi un candidat à l'emploi qui menace de se suicider, qu'est-ce que je fais ?
Rebecca : Scarabée, je suis beaucoup moins bien servi, mon candidat m'a prise en otage et menace de me refaire le visage si je ne lui résous pas son problème. Et moi... qui va résoudre le miens?
Scarabée : quoi, ne me dis pas qu'on n'a plus le choix ? Parce qu'entre laisser mourir et mourir... le monde a vite fait de choisir.
Rebecca : mais je n'ai pas choisi de mourir... c'est ce que je me tue à lui dire.
Scarabée : mon forcené voulait aussi me l'entendre dire : que notre devise c'est vivre et laisser mourir.
http://www.lejournaldepersonne.com/2012/01/pale-emploi/