Pakistan : les jihadistes en embuscade
Entretien avec Shaun Gregory, Directeur de l'unité de recherche sur la sécurité du Pakistan de l'université de Bradford (Royaume-Uni)
Propos recueillis par Yann Mens
Alternatives Internationales n° 044 - septembre 2009
Les têtes nucléaires du pays sont sous le seul contrôle de l'armée. Et si elles changeaient de main, toute intervention étrangère serait sans doute vaine. Les affinités entre militaires et jihadistes sont donc observées de près.
Les mesures de sécurité au Pakistan sont-elles suffisantes pour éviter que des groupes terroristes s'emparent de l'arme nucléaire ou de certains de ses éléments, comme des matériaux fissiles? Shaun Gregory. Quand le Pakistan a créé son infrastructure nucléaire militaire dans les années 1970-80, sa principale préoccupation était d'éviter que les forces armées indiennes, terrestres ou aériennes, puissent rapidement la neutraliser en cas de conflit. Il a donc placé beaucoup de ses sites à l'ouest et au nord de la capitale, Islamabad. C'est-à-dire les zones aujourd'hui les plus menacées par les groupes jihadistes.
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