Migrants chinois : France, terre d'esclavage
Alternatives Internationales n° 026 - juillet 2005
Madame Ming compte parmi les 50000 clandestins Chinois vivant en France dans des conditions souvent abominables. Arrivée en 1990, elle a travaillé gratuitement durant près de deux ans de 7 heures à 1 h du matin pour rembourser son passage. Aujourd'hui, elle exécute des pièces pour un atelier de confection turc qui lui confie du travail à domicile. Une tâche écrasante pour une rémunération qui lui permet tout juste de sous-louer la cuisine d'un studio, soit quatre mètre carrés pour elle et son fils. Cette histoire, ainsi que d'autres, est détaillée dans un rapport que vient de publier le Bureau international du travail sur l'exploitation des Chinois en France. Un trafic lucratif pour passeurs et petits entrepreneurs organisés qui spéculent sur les rêves des candidats à l'émigration et la fermeture des frontières européennes. Ces "têtes de serpent" ne manquent pas de moyens pour contraindre les nouveaux arrivants à travailler parfois une dizaine d'années pour rembourser des dettes astronomiques -pouvant aller jusqu'à 22000 euros. Cela va de la confiscation du (faux) passeport à la menace de la dénonciation aux autorités en passant par la séquestration permanente sur les lieux de travail. Mais que fait la police? A l'instar des lois Sarkozy contre le racolage qui ont certes "nettoyé les trottoirs" mais surtout aggravé la situation des prostituées, l'augmentation des interpellations de migrants a conduit leurs exploiteurs à agir plus discrètement, en délocalisant des ateliers dans des banlieues reculées ou en imposant du travail de nuit…
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