Les seigneurs de la finance. La crise de 1929. Les banquiers qui ont ruiné le monde
Ed. Plon, 2010,472 p., 26.90 euros.
Christian Chavagneux
Alternatives Economiques n° 290 - avril 2010
Le livre a bénéficié des plus grands éloges de la presse économique anglo-saxonne lors de sa publication l'an dernier. Des éloges un peu excessifs. Car on finit par s'ennuyer un peu dans ce long ouvrage au sujet pourtant passionnant: comment les grands banquiers centraux ont géré l'après-Première Guerre mondiale et les débuts de la crise de 1929.
On y trouve le portrait d'Emile Moreau, gouverneur de la Banque de France, un personnage plutôt secondaire, obsédé par sa bataille contre la domination britannique. On y rencontre Hjalmar Schacht, l'arrogant et ambitieux banquier central d'Hitler, avant la guerre, et encore Benjamin Strong, le patron de de la Banque centrale des Etats-Unis. Et puis bien entendu Montagu Norman, le plus influent des quatre, le plus excentrique, adeptes des religions ésotériques, de la méthode d'Emile Coué et sujet à de fréquentes crises de nerfs.
Le livre passe en revue les grands dossiers financiers de l'entre-deux-guerres, du retour désastreux de l'Angleterre à l'étalon-or, au problème des réparations allemandes et jusqu'aux premières années après le krach de 1929. On y comprend combien la coopération entre banquiers centraux a été difficile, tant les intérêts nationaux priment toujours sur la volonté de coopération. Un ouvrage moins volumineux et une écriture plus dynamique auraient mieux servi le propos.
Ed. Plon, 2010,472 p., 26.90 euros.
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