Les religions de la politique Par Emilio Gentile
Seuil (308 p., 24 euros)
THIERRY PAQUOT
Alternatives Internationales n° 025 - juin 2005
La sacralisation du politique, à travers symboles et fêtes officiels est un phénomène commun à la plupart des sociétés. Mais à partir de son observation de l'histoire du XXe siècle, Emilio Gentile, spécialiste du fascisme italien, établit une grande distinction. Dans les démocraties, si le pouvoir peut en effet jouer sur des rites pour renforcer sa légitimité, il s'accommode de la diversité des religions et, en quelque sorte, les "désenchante". Ainsi, aux Etats-Unis, la devise nationale, "In God we Trust", frappée sur chaque dollar, ne fonde pas une théocratie et n'a rien d'incompatible avec l'esprit des fondateurs de la nation, partisans d'une "religion civile", formule de Jean-Jacques Rousseau. En revanche, dans les systèmes totalitaires, le parti au pouvoir institue une religion d'Etat qui entend remplacer purement et simplement toutes les autres. Cette histoire du politique via le religieux démontre à quel point le "besoin" de croyance peut aveugler les citoyens et comment les leaders peuvent en abuser, même si l'on observe aujourd'hui un reflux général de la sacralisation du politique.
Seuil (308 p., 24 euros)
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