Les pays pauvres sont ils condamnés à le rester? Par William Easterly
Editions d'Organisation (400 p., 28 euros).
Naïri Nahapétian
Alternatives Internationales n° 032 - septembre 2006
L'investissement publicn'est pas la clé magique du développement: telle est la thèse de l'économiste William Easterly, qui s'interroge sur l'efficacité de l'aide internationale. Le progrès technique ou même, affirmel'auteur, l'élévation du niveau d'éducation, ne suffisent pas à provoquer le décollage économique. Car si les institutions politiques des pays pauvres restent défaillantes, les fonds publics sont gaspillés (dans l'achat d'armement ou les bakchichs), et "les entreprises et les ménages freinés dans leurs investissements".
L'ouvrage, qui met l'accent sur les dimensions sociopolitiques du développement, a contribué à infléchir la vision purement économique des organisations comme la Banque mondiale -où travaillait l'auteur, et qu'il a quittée après la publication de son livre. Mais la démonstration d'Easterly n'est pas dénuée de manipulation: elle est parsemée d'"intermèdes", des portraits de "pauvres", où l'on trouve même l'un de ses ancêtres, un pionnier débarqué au Maryland, qui sert à vanter les mérites du rêve américain construit à la sueur du front du "self made man". Par ailleurs, l'analyse sociopolitique est souvent simpliste. Si, selon lui, le développement est lié à l'homogénéité ethnique d'un pays (si tant est qu'on puisse la définir objectivement), que penser de la croissance de l'Inde et du Brésil?
Editions d'Organisation (400 p., 28 euros).
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