Les libéraux: une famille à trois branches
Denis CLERC
Alternatives Economiques n° 185 - octobre 2000
Pour les utilitaristes (Smith ou Marshall), les partisans du droit naturel (Turgot ou Condorcet) ou les ultralibéraux (Friedman ou Salin), c'est le marché qui permet à une société d'être efficace et juste. Mais derrière cette croyance commune, se cachent bien des nuances.
Il existe, et depuis longtemps, un courant de pensée libéral dans le domaine économique. Au moins depuis que Jacques Vincent de Gournay, intendant du Commerce sous LouisXV, lança la fameuse maxime "Laissez faire, laissez passer", devenue au fil du temps une sorte de mot d'ordre fédérateur du libéralisme économique (1). En effet, pour ce courant de pensée, "il est impossible que l'intérêt particulier ne concoure pas avec l'intérêt général", selon les termes de Turgot commentant la maxime de Vincent de Gournay. Dans ces conditions, l'Etat doit se borner à peu de choses: le respect du droit de propriété, la justice, la police et quelques autres tâches minimales, puisque l'initiative privée suffit à assurer le bien de tous.
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