Les grandes étapes
Alternatives Economiques Poche n° 043 - avril 2010
De juin 2007 à mars 2010
le début de la crise et la propagation aux marchés financiers
- Juin: première vague de déclassements d'actifs adossés à des crédits subprime par les agences de notation.
- Juillet: faillite de deux fonds spéculatifs de la banque d'investissement américaine Bear Stearns.
- 9 août: première injection massive de liquidités par les banques centrales face au blocage des marchés interbancaires.
- Septembre: l'annonce par la Banque d'Angleterre de l'octroi d'un prêt d'urgence à la cinquième banque anglaise, Northern Rock, déclenche une panique sur les dépôts bancaires de cette banque.
la montée des inquiétudes sur le secteur bancaire et les assureurs de crédit
- Montée des dépréciations d'actifs et des pertes annoncées par des établissements financiers majeurs.
- Prises de participation par les fonds souverains des pays émergents dans les établissements financiers occidentaux.
- Coordination des banques centrales, qui décident de financer les banques en acceptant en contrepartie des titres de qualité plus incertaine.
- Janvier: la Société générale dévoile la fraude commise par l'un de ses traders, Jérôme Kerviel. Les pertes associées se montent à 4,9 milliards d'euros.
- Février: nationalisation de la banque anglaise Northern Rock.
- Forte baisse des taux de la Fed. La Banque centrale européenne (BCE) maintient une politique de taux élevés.
l'intensification de la crise
- Mars: le rachat de la banque d'affaires Bear Stearns, en quasi-faillite, par JP Morgan Chase révèle l'extrême fragilité des banques d'investissement.
- Lourdes pertes pour les banques commerciales européennes et américaines.
- Les banques centrales élargissent leurs instruments d'intervention. Mais la BCE maintient ses taux inchangés en raison des pressions inflationnistes entraînées par la hausse des prix de l'énergie et des matières premières.
- L'activité ralentit fortement aux Etats-Unis et en Europe.
Septembre-novembre 2008:
le paroxysme de la crise bancaire et son extension à l'économie mondiale
- 7 septembre: le Trésor américain met sous tutelle les agences de crédit hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac.
- 15 septembre: la grande banque d'affaires Lehman Brothers dépose son bilan.
- 16 septembre: la Fed et le gouvernement américain nationalisent de facto l'assureur AIG, menacé de faillite, en lui apportant une aide de 85 milliards de dollars.
- Les grandes banques centrales élargissent considérablement les possibilités de refinancement des banques. Elles accordent également leur aide aux banques centrales de petits pays voisins (en Europe: Danemark, Hongrie…). La Fed décide d'acquérir directement des titres.
- 19 septembre: annonce du plan Paulson de sauvetage des banques américaines. Il sera d'abord refusé par le Sénat, puis adopté le 3 octobre.
- Fin septembre: les Etats européens réagissent dans le désordre aux difficultés de leurs banques. Le 30 septembre, le gouvernement irlandais décide de manière unilatérale d'apporter une garantie générale de deux ans aux six grandes banques du pays.
- 12 octobre: les gouvernements européens adoptent enfin un plan concerté pour le sauvetage du système bancaire.
- Novembre: l'aide du FMI est requise par l'Islande, la Hongrie, le Pakistan, l'Ukraine…
- Les économies américaine et européenne plongent dans la récession. Les ventes d'automobile s'effondrent.
on touche le fond
- Début novembre: sommet du G20 pour soutenir l'économie mondiale et réformer le système financier.
- Annonce de plans de relance de l'activité dans tous les grands pays. La Chine annonce en novembre un plan de 4 000 milliards de yuan (470 milliards d'euros). En décembre, les chefs d'Etat européens approuvent un plan de relance de 200 milliards d'euros, constitué en fait essentiellement de la collection des plans nationaux (26 milliards d'euros pour le plan français). En février le Congrès américain adopte le plan de relance de Barack Obama (790 milliards de dollars, soit 5,5% du PIB américain).
- La BCE se résout à baisser fortement ses taux, la Fed et la banque d'Angleterre adoptant une politique de taux zéro.
- La situation des banques américaines reste extrêmement fragile. Les recapitalisations et les garanties de dettes massives n'empêchent pas la chute des cours des actions des banques.
- En décembre, une fraude estimée à 50 milliards de dollars, montée par le fonds d'investissement de Bernard Madoff, est mise au jour.
- Le Trésor américain vient au secours de General Motors: à l'issue de plusieurs renflouements, l'Etat deviendra actionnaire à 60% du constructeur américain en juin 2009. En France, le gouvernement propose de l'aide à Renault et PSA.
- Au Royaume-Uni, les nationalisations bancaires se poursuivent avec Lloyds Banking (après Northern Rock, Bradford & Bingley et RBS). De son côté, l'Etat allemand engage la nationalisation d'Hypo Real Estate après de multiples mesures de sauvetage.
- En mars, la Fed annonce qu'elle va acheter jusqu'à 300 milliards de dollars de bons du Trésor à long terme au cours des six prochains mois, puis pour 750 milliards de dollars supplémentaires d'obligations adossées à des crédits immobiliers, portant le total de ces rachats à 1 250 milliards de dollars.
- Plan Geithner pour le rachat des créances douteuses des banques, associant l'Etat et les investisseurs privés.
le bout du tunnel?
- Avril: réunion du G20 à Londres, qui se conclut par plusieurs dispositions sur la régulation et les moyens des organisations multilatérales (le FMI voit ses ressources triplées).
- La banque américaine Goldman Sachs est la première à renouer avec les bénéfices.
- Juin: l'OCDE entrevoit la sortie de la récession pour les économies les plus importantes.
- Le Trésor américain autorise dix des plus grandes banques du pays à rembourser les aides reçues de l'Etat depuis l'automne, pour un total de 68 milliards de dollars.
- Septembre: le président de la Fed, Ben Bernanke, déclare que la récession aux Etats-Unis est probablement terminée.
- Sommet du G20 à Pittsburgh. Les dirigeants se mettent d'accord sur de nouvelles règles destinées à limiter le risque de crise financière.
- Octobre: plusieurs grandes banques françaises annoncent le remboursement des participations de l'Etat prises dans le cadre du plan de soutien au secteur bancaire.
- Novembre: annonce de la restructuration de la dette de Dubaï World, principale entreprise d'Etat de Dubaï.
- Janvier: par référendum, les Islandais refusent le plan visant à rembourser les épargnants hollandais et britanniques suite à la faillite du système bancaire islandais en 2008.
- Aux Etats-Unis, Barack Obama présente un projet de réforme bancaire, inspiré par l'ancien président de la Fed, Paul Volcker. Il prévoit notamment d'interdire aux banques de dépôts d'avoir une activité de trading pour compte propre et de détenir des fonds spéculatifs.
- La découverte d'irrégularités dans les statistiques grecques conduit à réévaluer à 12,7% du PIB le déficit public grec. La spéculation sur la dette grecque s'enflamme. Dans les semaines qui suivent, le gouvernement grec annonce un plan de rigueur drastique, encore durci à la demande des grands pays de l'Union européenne. La spéculation se calme un peu.
- A la mi-mars, la Bourse américaine avait regagné 70% par rapport à son point bas de mars 2009.
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