Les économistes bousculés par la crise
Alternatives Economiques n° 287 - janvier 2010
La crise a fait une victime inattendue : les économistes ! Trop loin du réel, trop cupides, etc., les critiques n'ont pas manqué. Surtout, leur postulat selon lequel les marchés, en particulier financiers, étaient incapables de déraper, est venu se heurter au mur de la réalité. Sauront-ils en tirer les leçons ? Beaucoup espèrent que, une fois l'orage passé, rien ne changera. D'autres, et non des moindres, proposent des voies de renouvellement. La bataille s'annonce rude.
- Une perte de crédibilité
- Affreux, sales et méchants
- Les joueurs de flûte de la théorie économique
- Quatre voies de sortie pour une science en crise
Devenus incapables de penser les crises, les économistes sortent de celle-ci largement discrédités. Passage en revue des nombreuses critiques auxquelles ils font face.
Les économistes n'ont pas attendu la crise pour avoir mauvaise presse. Il leur était facilement reproché de se prendre pour des scientifiques, d'ignorer les faits sociaux, d'oublier les acquis des autres disciplines, d'idolâtrer le marché et de négliger les transitions et ce qu'elles comportent de souffrances. Même les hétérodoxes parmi eux finissaient par être vus comme porteurs de cette science sinistre. De cette triste réputation, nous avions fait notre bannière. ...
Nombreux sont les économistes qui ont succombé aux atours du monde enchanté de l'économie de marché. Mais le conte de fées a viré au cauchemar.
Le débat est ouvert sur la meilleure façon de redonner de la crédibilité aux économistes. Plusieurs grands noms de la profession proposent différentes solutions et les partisans d'un changement radical s'organisent.
Alternatives Economiques n° 287 - janvier 2010
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Étudiante dans un « haut lieu de l'approche standard », c'est en connaissance de cause que je souhaite vous faire part de mon témoignage.
LIBERTE ! Tel est le mot sans cesse clamé, répété, seriné dans les amphithéâtres de ma fac. En ce sens, loin de remettre en question les bases théoriques sur lesquelles ils s'appuient, les libéraux et autres libértariens, qui s'évertuent à prêcher la « bonne » parole auprès de leurs étudiants, persistent et signent : une économie saine est le fruit de marchés affranchis de toutes règles et d'une mise en concurrence systématique des activités. L'Etat, cet éternel incompétent, est tenu pour responsable de tous nos maux. Keynes, contre lequel ils vomissent leur fiel incessamment, fait figure de victime expiatoire. Ces quelques exemples pur illustrer que pour rien au monde ils ne désavoueraient leurs très chers Friedman, Hayek, Bastiat, etc...desquels nous étudions assidument les théories sans jamais les recouper avec une quelconque réalité économique. A titre d'exemple, aucun de nos professeur n'a jugé utile de prendre le temps de nous « expliquer la crise », jamais ! Nous autres étudiants, nous planons sur un nuage de concepts fomentés par les meilleurs portes drapeaux d'un libéralisme acharné. Les abérations indéniables dont ils souffrent sont totalement occultées, voire dissimulée afin, à mon sens, de formater nos jeune esprits d'éconophiles novices à ces doctrines en décrépitude.
Ainsi, c'est cachée au fond d'un placard de ma fac, avec un stylo à encre sympathique, Alter Eco planqué entre Capital et Le Figaro (je risque ma peau, pas de clémence pour les traitres ici !) que je vous écrit ces quelques lignes que j'espère révélatrices du fait que tous les économistes ne sont pas « bousculés » par la crise, bien au contraire !
Economiss