Le salafisme d'aujourd'hui. Mouvements sectaires en Occident
Michalon (282 p., 18 euros).
Thierry Brésillon
Alternatives Internationales n° 053 - décembre 2011
Fondamentalisme, intégrisme, islamisme… Ces termes ont désormais cédé la place, dans le discours sur l'islam politique, à un nouvel " isme " : salafisme. L'enquête de terrain de Samir Amghar permettra de mieux saisir la réalité polymorphe que désigne cette expression de l'appartenance religieuse islamique et qui gagne du terrain dans les pays occidentaux. Comme dans les pays musulmans d'ailleurs, hors du champ de ce travail.
Le salafisme est la tentative de renouer avec un âge d'or, l'islam originel des premières générations de musulmans, celui des salaf, les ancêtres. Sa seule voie est le littéralisme (l'application des textes à la lettre) et l'imitation pointilleuse des gestes du Prophète pour retrouver, par la voie de la rédemption, la vigueur civilisationnelle dont la perte a fait du monde arabe le vassal de l'Occident matérialiste et amoral. C'est l'un des arguments dont usent les salafistes pour séduire un public déclassé.
Qu'il soit quiétiste, politique ou révolutionnaire, le salafisme demeure un mouvement sectaire, qui tend à couper ses membres de leur environnement. Il se distingue ainsi des Frères musulmans, tournés, quant à eux, vers l'intégration dans la vie politique. Produit autant d'un enfermement que d'une relation complexe à l'Occident, le salafisme fait chez ceux qui s'en réclament l'objet d'une adhésion forte. Mais sa faiblesse lui est inhérente : il est en pratique difficile de vivre hors du monde.
Michalon (282 p., 18 euros).
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