La société malade de la gestion. Idéologie gestionnaire, pouvoir managérial et harcèlement social par Vincent de Gaulejac
Ed. du Seuil, 2005, 275 p., 19 euros.
Marc Mousli
Alternatives Economiques n° 234 - mars 2005
La gestion, c'est sain. Qui pourrait reprocher à un manager ou à un maire de bien gérer? Qui oserait mettre en cause le souci d'améliorer les processus, de fabriquer des produits de qualité? Derrière ces évidences, se cachent des pratiques aliénantes, des pressions, un stress parfois intolérable et une contamination de la société tout entière. Chacun de nous est atteint, à commencer par les employés et les cadres, soumis aux dures contraintes que font peser sur eux les méthodes actuelles de gestion. Au premier rang des victimes, parfois consentantes, les cadres, écartelés entre le capital et le travail, entre la nécessité d'atteindre des objectifs toujours plus élevés et le souci de faire un travail de qualité avec des équipes d'hommes et de femmes bien dans leur peau, comme ils l'ont appris dans les cours de management.
C'est le "paradoxe du manager", que Vincent de Gaulejac dénonçait déjà il y a quinze ans dans Le coût de l'excellence (éd. du Seuil, 1991). Il estime que, depuis, la situation a empiré dans les entreprises et que, de surcroît, la "maladie de la gestion" a gagné toutes les sphères de la société. Elle atteint désormais deux lieux où les préoccupations et les ambitions devraient être fort éloignées de celles d'IBM ou de Lafarge: la famille, angoissée par la réussite de ses rejetons, et la politique, gangrenée par un discours gestionnaire qui se substitue au discours politique.
Ed. du Seuil, 2005, 275 p., 19 euros.
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