La rue des enfants, les enfants des rues Par Marie Morelle
CNRS éditions (320 p., 25 euros).
Xavier Frison
Alternatives Internationales n° 036 - septembre 2007
"La honte pèse sur les enfants d'Antananarivo. La violence blesse les enfants de Yaoundé." C'est dans les capitales de Madagascar et du Cameroun que Marie Morelle, docteur en géographie et spécialiste de l'insécurité urbaine, a mené une longue étude sur les gamins des rues. Estimés à moins d'un millier dans chacune des deux villes, ces sans-logis précoces fuient pour beaucoup un situation familiale intenable. Pauvreté extrême, violence, décès d'un parent figurent parmi les facteurs déclencheurs du départ. Les "petits" ruraux du Cameroun arrivent en train ou à pied, "perdus, étonnés, ébahis". Les citadins d'Antananarivo testent la rue par des allers-retours de la maison au dehors, avant d'y rester et de s'approprier leur territoire. Il faut alors "vivre et survivre", exposé à l'hostilité des autres, les plus grands, les passants, la police..Très vite, une typologie des lieux se dessine selon les activités, repos, loisirs ou "travail". Dans les centres-villes, près des bars ou des cinémas, ils mendient ou piquent de quoi manger, acheter leur drogue. Ou se lavent dans les rivières ou les centres d'ONG. "Scène de frottements et d'affrontements", la rue ne leur appartient pas. Au mieux, elle les tolère. Au pire, elle les refoule ou les mène en prison. Marginalisés, voués à eux-mêmes, ils se voient refuser l'accès à la ville dont ils sont pourtant des acteurs permanents.
CNRS éditions (320 p., 25 euros).
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