La question foncière, une bombe à retardement
Entretien avec Jean-Pierre Chauveau, Directeur de recherche, Institut de recherche pour le développement (Montpellier).
Propos recueillis par Yann Mens
Alternatives Internationales n° 028 - octobre 2005
Bien de l'Etat sous la colonisation, la terre a toujours un statut flou. Entre droit d'usage et droit de propriété, chacun tire la couverture à soi. Interview.
La propriété de la terre, notamment dans les régions de production de cacao, est l'un des enjeux de la crise ivoirienne. Pourquoi? Jean-Pierre Chauveau. Parce que la terre reste une zone de non-droit, ou plutôt de conflit de droits. Sous la colonisation française, la terre était juridiquement considérée comme domaine de l'Etat. Mais dans les villages, les règles précoloniales de propriété et d'usage perduraient. En vertu de ce droit coutumier, chacun cultive ses champs mais n'en est pas complètement propriétaire au sens de la législation coloniale. Car la famille élargie, la communauté villageoise… peuvent aussi faire valoir des droits sur ces terres et un individu ne peut donc en disposer à sa guise.
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