La crise remet à l'heure les pendules britanniques
Patrick Le Galès, Sociologue et politologue, directeur de recherche CNRS au Centre d'études européennes-Sciences Po
Alternatives Internationales Hors-série n° 007 - décembre 2009
A l'approche des élections, les travaillistes redécouvrent, mais trop tard, les vertus de l'intervention publique, tandis que les conservateurs se positionnent en pères-la-rigueur.
Le Royaume-Uni déchante. Jusqu'en 2007, conservateurs et travaillistes ont vanté de concert la supériorité du modèle britannique. Depuis 1993, la Grande-Bretagne avait connu une croissance ininterrompue, dont le rythme annuel (2,6% par an en moyenne entre 1994 et 2007) était supérieur à celui des Européens et des Américains. Mais la crise économique a touché durement le pays. La dégradation des finances publiques y est même bien plus rapide qu'ailleurs: le poids de la dette publique prévu pour 2010 est passé du simple au double par rapport à 2007, de 44,1% à 82,2% du PIB selon le FMI (lire p. 32).
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