L'Afrique du Sud à l'heure de Jacob Zuma: La fin de la nation arc-en-ciel?
L'Harmattan (200 p., 19 euros).
Quinze ans après l'espoir qu'a suscité la fin de l'apartheid, cet ouvrage collectif examine le "laboratoire" sud-africain. Moins que l'amoindrissement de la question raciale, il constate sa transformation. Les auteurs nous entraînent dans un voyage qui passe par le sport, la politique, l'éducation, la santé, la littérature, la criminalité, avec partout le constat d'une difficulté à dépasser des catégories et représentations collectives, historiquement constituées par le régime d'apartheid, mais toujours agissantes. Le problème vient-il du lien entre inégalité sociale et discriminations raciales? Si oui, ce cercle vicieux pourrait être rompu par les politiques de discrimination positive. Mais peut-être le racisme autrefois institué dans l'ordre économique et social a-t-il migré "dans la sphère des croyances privées" (le politologue Achille Mbembe, cité par les auteurs)? La question de la race demeurerait alors hors d'atteinte d'une résolution au seul niveau des politiques publiques. C'est dans cette sphère des croyances privées que se forgent aujourd'hui des formes nouvelles de racisme, analyse Richard Samin à partir de romans issus de la nouvelle littérature sud-africaine. La présidence nouvelle de Jacob Zuma, qui n'échappe pas aux accents populistes, saura-t-elle continuer la marche de réconciliation dans une nation où les blessures sont si profondément incorporées?


























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