L'abeille et l'économiste
Ed. Carnets Nord, 2010, 254 p., 18 euros.
Denis Clerc
Alternatives Economiques n° 292 - juin 2010
L'un des principaux théoriciens de l'économie cognitive nous en dresse ici un tableau à partir de l'image de l'abeille. Elle produit du miel, certes, mais là n'est pas l'essentiel de son activité: elle pollinise, c'est-à-dire qu'elle contribue sans le vouloir à la production du vivant, et ce au bénéfice de tous. La circulation (des idées, des biens, des hommes) engendre une "intelligence collective" qui est devenue, aujourd'hui, la principale source de création de richesses. Des richesses immatérielles (d'où le terme "cognitif"), difficilement appropriables et bénéfiques à tous, qui peuvent - doivent - se conjuguer avec une économie verte, de sorte que développement et durabilité deviennent compatibles.
Cela nous fera-t-il sortir du capitalisme? Rien n'est moins sûr, affirme l'auteur, tant le capitalisme est plastique. Mais le capitalisme cognitif sera bien différent de l'actuel et pourrait paisiblement céder la place à un monde où l'accumulation du capital ne serait plus mue par le désir d'enrichissement, mais par les interactions cognitives.
La thèse est intéressante, mais desservie par un style oral très désagréable. L'auteur aurait pu se dispenser des deux premiers chapitres, une présentation raccourcie des cinquante dernières années du capitalisme, qui n'apprendront pas grand-chose à quiconque.
Ed. Carnets Nord, 2010, 254 p., 18 euros.
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