Kirghizistan : faire la paix après les pogroms
Asel Doolotkeldieva, Doctorante à l'université d'Exeter (Royaume-Uni)
Alternatives Internationales Hors-série n° 010 - janvier 2012
Après les affrontements de 2010 entre Kirghiz et Ouzbeks, la réconciliation nationale n'est pas au rendez-vous. Et la justice rend des jugements partisans qui crispent la situation.
En juin 2011, le gouvernement du Kirghizistan a commémoré le premier anniversaire des affrontements entre populations ouzbeks et kirghiz, qui s'étaient soldés par environ 470 tués, 2 000 blessés et 400 000 déplacés. Deux mois après le renversement par l'opposition, le 7 avril 2010, du président Kourmanbek Bakiev, dont la dérive autoritaire était manifeste depuis son accession au pouvoir en 2005, les trois provinces du sud du pays, Och, Jalal-Abad et Batken, où cohabitent Ouzbeks et Kirghiz, avaient en effet connu un déferlement de violences interethniques sur fond de crise politique. Les facettes de ce conflit sont multiples. Il s'enracine, en premier lieu, dans le manque de terres disponibles, qui pousse à l'exode rural et avive les tensions entre les deux communautés.
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