Japon : le paradis des espions
Ken Kotani, National Institute for Defense Studies (Tokyo)
Alternatives Internationales n° 050 - mars 2011
Après 1945, aucune loi réellement dissuasive n'a remplacé la sévérité impériale et l'opinion est attachée à la transparence. Ce qui peut plonger la classe politique dans l'embarras, surtout quand les secrets de pays amis sont en jeu.
Le 4 novembre 2010, un officier des gardes-côtes japonais met en ligne une vidéo sur YouTube sous le pseudonyme senkakunotate. L'opinion publique découvre avec surprise son contenu. La vidéo montre la collision entre un chalutier chinois et un bateau des garde-côtes nippons, survenue le 7 septembre 2010 dans les eaux territoriales du Japon. Et revèle clairement que le bateau chinois en est responsable. Tokyo a tenté de dissimuler la vidéo pour ne pas mettre en péril ses relations diplomatiques avec Pékin, mais l'officier, mécontent des atermoiements du gouvernement, a décidé de rendre l'information publique.
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