Héritage keynésien : des fils indignes de leur père ?
Christian TUTIN
Alternatives Economiques n° 154 - décembre 1997
Si l'on assiste aujourd'hui au déclin du keynésianisme, c'est que les héritiers de Keynes ne sont pas parvenus à établir une théorie d'ensemble convaincante, rendant compte des tendances du système économique à engendrer chômage et instabilité.
Même si l'on enterre sans doute un peu trop vite le keynésianisme - c'est-à-dire les politiques économiques qui se réclament de l'analyse keynésienne -, son déclin est incontestable: le poids nouveau des marchés financiers et l'internationalisation du capitalisme en ont réduit l'efficacité (1). Si bien que, par contrecoup, aux yeux des économistes, c'est la pensée keynésienne elle-même qui souffre d'obsolescence. L'influence de Keynes tend à se réduire à celle d'une mauvaise conscience - une sorte de Jiminy Criquet des macro-économistes - ou d'une nostalgie indicible pour un âge d'or révolu. C'est aller un peu vite en besogne.
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