Grande distribution : chères marges arrière
Alternatives Economiques n° 234 - mars 2005
La mission parlementaire sur les relations commerciales a rendu public le mois dernier un rapport d'étape proposant des pistes de réforme de la loi Galland, qui régit les rapports entre la grande distribution et les producteurs. A l'origine, cette loi avait pour but de protéger les producteurs de la pression des distributeurs en interdisant la revente à perte. Mais la grande distribution, qui se voyait désormais interdire de négocier des rabais, a alors commencé à facturer aux producteurs des prestations plus ou moins fictives, les fameuses "marges arrière". Celles-ci sont passées de 21,9% du prix du produit en 1998 à 32% en 2003, selon l'Institut de liaison et d'études des industries de consommation (Ilec). Les grands producteurs, de leur côté, ont augmenté leurs tarifs pour préserver leur marge, ce qui provoque une inflation des prix dans la grande distribution en France. Pour sortir de ce cercle vicieux, le rapport préconise de redéfinir le calcul du seuil de revente à perte. En le fixant au niveau du "triple net" (net de ristourne, de rabais et de marges arrière). Ou éventuellement en l'abaissant progressivement au-delà des marges arrière.
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