Fraudes
Camille Dorival
La lettre de l'insertion n° 141 - novembre 2007
En plein scandale des délits d’initiés chez EADS et des caisses noires de l’UIMM, il y a quelque chose d’indécent à dénoncer la « fraude sociale ». Mais cela n’a pas empêché Nicolas Sarkozy de faire de cette « cause » une priorité nationale. Certes, quelques faux chômeurs sont indemnisés par l’Unedic alors qu’ils ne sont pas à la recherche active d’un emploi ; quelques personnes touchent le RMI alors qu’elles exercent parallèlement une activité non déclarée ; quelques assurés sociaux bénéficient également d’arrêts de travail injustifiés ou d’allocations logement indues. Mais ces fraudes sont largement minoritaires parmi la masse des bénéficiaires de prestations sociales.
Alors pourquoi braquer les projecteurs sur elles ? S’agit-il de prétendre que la pauvreté et le chômage ne seraient pas dus avant tout à une croissance insuffisante de l’économie et du nombre des emplois, mais à la fainéantise des individus ? S’agit-il de justifier un renforcement des sanctions à l’encontre des demandeurs d’emploi, dans le but de faire diminuer artificiellement les chiffres du chômage ? Au moment où, au milieu de multiples scandales, Nicolas Sarkozy souhaite modifier la loi afin que les chefs d’entreprise ne puissent plus être sanctionnés pénalement pour des délits financiers, cette croisade prend un relief particulier. Comme le souligne le dicton, mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade.
Camille Dorival
La lettre de l'insertion n° 141 - novembre 2007
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