Françafrique : affaire classée
Alternatives Economiques n° 267 - mars 2008
Une enquête préliminaire pour "recel de détournement d'argent public" visait cinq chefs d'Etat africains (Gabon, Congo Brazzaville, Burkina Faso, Angola et Guinée équatoriale). Elle a été classée sans suite le 15 novembre dernier par le parquet de Paris. Ouverte en juin suite à une plainte déposée par trois organisations non gouvernementales - Sherpa, Survie et la Fédération des Congolais de la diaspora -, elle avait pourtant permis d'établir un inventaire impressionnant du patrimoine de ces cinq personnages. Hôtels particuliers, villas, voitures de luxe…, la liste est longue des investissements réalisés en France par les dirigeants incriminés. Ainsi, pas moins de 33 biens immobiliers appartenants au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille ont été répertoriés. D'où vient tout cet argent? Les seuls revenus publics de ces chefs d'Etat ne permettent pas de répondre à cette question. Pour mener les investigations nécessaires, il aurait fallu ouvrir une information judiciaire. Mais la décision de classement a balayé cette perspective. Les associations plaignantes, qui dénoncent "la victoire de l'Afrique de papa sur le droit", envisagent de déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile pour poursuivre leur action.
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