Europe : je t'aime moi non plus
Sandrine Tolotti
Alternatives Internationales n° 024 - mai 2005
La désillusion actuelle des peuples à l'égard de l'Europe a peu à voir avec l'enthousiasme de ses pères fondateurs. Retour sur l'histoire d'une construction de 1950 à aujourd'hui. Pour comprendre ses réussites, ses écueils et ses espoirs.
C'est un peu comme dans ce vieux film italien, Nous nous sommes tant aimés, qui parlait d'amours enfuies, d'idéaux trahis; et du désir irrésistible d'y croire encore. Ainsi vont les sentiments entre l'Europe et ses citoyens. Le débat français sur la Constitution est le reflet de cette histoire racontée par les sondages eurobaromètres (1): seuls 48% des citoyens des Quinze pensent toujours que l'appartenance de leur pays à l'Union est une "bonne chose"; ils étaient 72% dans les années 90, 60% en 1991-92… Ce n'est pas le principe de la construction européenne qui est rejeté, mais ses résultats.
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