Etats-unis: les banques taxées
Alternatives Economiques n° 288 - février 2010
Le président Barack Obama a annoncé le 14 janvier dernier que les plus grosses banques (celles ayant plus de 50 milliards de dollars d'actifs) présentes sur le territoire américain devront s'acquitter d'une taxe de "responsabilité de crise financière". Ce nouvel impôt devrait rapporter 90 milliards de dollars sur dix ans ou 117 milliards sur douze ans, le montant total étant fixé pour correspondre au coût fiscal occasionné par le sauvetage public de l'économie américaine imposé par la crise financière. A quelques mois des élections de mi-mandat, le président Obama prend ainsi la mesure du fort rejet dont fait l'objet le monde bancaire dans l'opinion. Il montre aux banques que si le gouvernement sera toujours prêt à les sauver en cas de panique, elles devront in fine en payer le coût. En écartant les petites et moyennes banques de la taxe, il divise le lobby bancaire et accroît les chances de voir sa mesure acceptée par le Congrès. Enfin, en choisissant comme base fiscale la partie des ressources des banques liée à leur endettement, il pénalise plus fortement les banques d'affaires (qui n'ont pas de dépôts) et les activités les plus spéculatives. Un joli coup.
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