Electricité : sous haute tension
Antoine de Ravignan
Alternatives Economiques n° 287 - janvier 2010
Avec le froid, la consommation d'électricité des Français atteint des sommets. Le pari du tout-nucléaire (près de 80% de la production) a poussé au tout-électrique dans les maisons: 30% des foyers se chauffent par ce moyen. Or, comme tout le monde a besoin d'énergie au même moment, les lignes qui transportent le courant atteignent leur débit maximum en début de soirée. Résultat: le système menace de craquer, tandis que les prix de l'électricité explosent à cette période. Problème: une centrale nucléaire, à la différence d'un barrage ou d'une centrale à gaz, a une production constante et ne permet donc pas de répondre aux pics de la demande. Et comme la France est sous-équipée en capacités non nucléaires, elle est contrainte d'importer du courant à ses voisins. Pour ne rien arranger, le parc nucléaire français tourne au ralenti: 11 centrales sur 58 étaient à l'arrêt mi-décembre. Le taux d'utilisation du parc (78%) chute depuis 2006 (voir graphique), quand il est proche de 90% chez notre voisin belge. En cause, la course à la rentabilité, qui entraîne un sous-investissement dans la maintenance, et des grèves du personnel au printemps dernier.
Antoine de Ravignan
Alternatives Economiques n° 287 - janvier 2010
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