Effet d'aubaine
La lettre de l'insertion n° 127 - juillet 2006
C'est l'histoire d'une jeune fille embauchée en contrat nouvelles embauches (CNE) dans une petite entreprise parisienne de communication. Malgré son poste et ses qualifications, elle ne gagne que 1 200 euro net par mois. Elle est supposée travailler 35 heures par semaine, mais voit que ses collègues restent chaque soir jusqu'à 23 heures, alors elle fait comme eux. Ses heures supplémentaires ne sont ni payées ni récupérées. Sa carte de transport ne lui est pas non plus remboursée. Elle finit par trouver la situation anormale et s'en plaint à plusieurs reprises auprès de sa direction. Puis elle est arrêtée pendant trois jours pour raison de santé. Une semaine après, elle reçoit une lettre recommandée de la part de son employeur. Elle est licenciée… et rapidement remplacée, sur un nouveau CNE, par un salarié moins revendicatif.
Cette histoire vraie illustre les dérives que la création du CNE a pu autoriser aux employeurs les plus indélicats. Elle met également en perspective les résultats d'une étude récemment rendue publique par la direction des statistiques du ministère de l'Emploi (Premières synthèses n° 25.4, Dares, juin 2006) : parmi les CNE conclus à ce jour, seuls 10 % n'auraient pas été signés si ce contrat n'avait pas existé. Pour les autres, les embauches auraient eu lieu de toute façon, mais sous forme de CDD ou de CDI.
CAMILLE DORIVAL
La lettre de l'insertion n° 127 - juillet 2006
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