EAU: vers la fin des enfants jockeys
Alternatives Internationales n° 026 - juillet 2005
Les Emirats arabes unis et le Quatar ont des raisons légitimes de protester contre leur inscription, avec l'Arabie saoudite et le Koweit, sur la liste noire des pays compromis dans le trafic des êtres humains, publiée le 3 juin dernier par le département d'Etat américain. Principal motif de cette mise à l'index: le scandale des enfants-jockeys, originaires du Pakistan, du Bangladesh et d'autres pays pauvres, enlevés ou achetés à leurs familles. On estime à 40 000 dans les pays du Golfe le nombre de ces enfants exploités par les organisateurs de courses de chameaux, friands de poids-plume âgés de moins de dix ans. A la suite d'années de pressions internationales, les EAU, qui admettent la présence de 2800 enfants-jockeys sur leur territoire, ont signé en mai dernier un accord avec l'Unicef pour leur prise en charge et leur rapatriement, un mois après avoir passé une loi interdisant de faire courir des moins de 16 ans. Le 21 juin, un premier groupe de 22 petits Pakistanais atterrissait ainsi à Karachi. Comme les EAU, le Qatar -qui a interdit en décembre dernier le recours aux enfants- a testé avec succès l'emploi de… robots-jockeys. Le Qatar a payé 5 millions de dollars une firme suisse pour mettre au point un prototype qui sera prochainement mis sur le marché 8000 dollars pièce.
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