Déclassement
Camille Dorival
La lettre de l'insertion n° 129 - octobre 2006
Dans l'ensemble, les nouveaux contrats aidés créés par la loi de cohésion sociale bénéficient moins qu'avant aux allocataires de minima sociaux : ceux-ci n'ont représenté 30 % des embauches dans les nouveaux contrats aidés du secteur non marchand en 2005, alors qu'ils comptaient pour 43 % des entrées en contrats emploi solidarité et consolidé (CES et CEC) en 2004 (1). Cela peut s'expliquer notamment par la lente montée en charge du contrat d'avenir et par l'échec patent du CI-RMA, tous deux réservés aux allocataires de minima sociaux.
Mais, globalement, les contrats aidés sont devenus moins accessibles aux publics les moins qualifiés : en 2005, 65 % des entrants en contrat d'accompagnement dans l'emploi et 78 % des entrants en contrat d'avenir avaient un niveau de formation inférieur ou équivalent au CAP-BEP, contre 83 % des bénéficiaires de CES et CEC en 2004. Ce qui illustre bien le processus de sursélectivité des recrutements et de déclassement professionnel, qui relègue les moins qualifiés au bout de la file d'attente du chômage et les maintient dans le stock des RMIstes sans emploi. Ainsi, l'ancienneté moyenne au RMI continue de progresser, pour atteindre quatre ans et trois mois au premier semestre 2006.
(1) Voir Premières synthèses n° 37.3, Dares, septembre 2006, accessible sur www.travail.gouv.fr
Camille Dorival
La lettre de l'insertion n° 129 - octobre 2006
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