Crise financière : ce n'est pas fini
Sandra Moatti
Article Web - 28 novembre 2007
- Finance : la crise et ses conséquences , Alternatives Economiques n° 261.
- La mécanique de la crise , Alternatives Economiques n° 261.
- Après la finance, l'économie ? , Alternatives Economiques n° 261.
- Rente immobilière , Alternatives Economiques n° 262.
- Un superfonds pour sauver les banques
- Finance : la crise continue , Alternatives Economiques n° 264.
Tout a commencé au printemps sur le marché immobilier américain, quand des ménages de plus en plus nombreux n'ont pu rembourser le prêt de leur maison. La crise du « subprime » paraissait alors n'être qu'une crise du crédit aux ménages américains modestes, révélant les pratiques sans scrupules des courtiers de prêts américains, mais suffisamment circonscrites pour être absorbée par le secteur bancaire. Mais les semaines passant, les signes d'une débâcle financière de grande ampleur sont progressivement apparus, non seulement aux Etats-Unis, mais aussi en Europe. On découvre alors une finance malade de l'intérieur : malade de ses innovations qui donnent naissance à des produits si sophistiqués qu'ils paraissent même échapper à leurs concepteurs, malade de sa réglementation prudentielle qui pousse les banques à créer des structures hors bilan dont les difficultés finissent pourtant par les rattraper, malade de ses arbitres, ces agences de notation qui laissent s'accumuler les braises et soufflent sur le feu quand il a déjà pris. On découvre l'extraordinaire fragilité d'un système financier qui croyait si bien gérer les risques qu'il pouvait s'en croire affranchi. Mais les recettes de cette cuisine financière qui accommode le risque à toutes les sauces sont si complexes que plus personne ne sait ce qu'il mange. Devenus méfiants, les investisseurs ne veulent plus de ces mets trop sophistiqués - en langage moins culinaire, ils sont devenus « averses au risque »… Les autorités essaient tant bien que mal de leur redonner l'appétit. Après les injections de liquidités par les banques centrales cet été, les sauvetages bancaires, la baisse par deux fois de ses taux directeurs par la banque centrale américaine, le Trésor américain a imaginé un superfonds pour racheter les titres dont les investisseurs ne veulent plus. Mais ces mesures ne paraissent pas suffire à rétablir la confiance. En attendant, les banques annoncent des résultats en repli, gonflent leurs provisions, et resserrent le robinet du crédit, au détriment des entreprises et des particuliers. De financière, la crise menace de devenir économique.
Sandra Moatti
Article Web - 28 novembre 2007
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