Conjoncture: la rechute
Guillaume Duval
Alternatives Economiques n° 292 - juin 2010
Fin 2009, l'économie française semblait sur la voie d'une reprise assez vigoureuse. Les premiers éléments concernant le début 2010 ont douché ces espoirs. On s'attendait certes à un ralentissement du fait de l'arrêt de différentes mesures de soutien à l'activité, notamment de la diminution de la prime à la casse automobile, mais son ampleur a surpris.
En effet, la consommation des ménages qui avait bien résisté tout au long de l'année 2009 a complètement stagné. Tandis que l'investissement, tant des ménages que des entreprises, continuait sa descente aux enfers, même si c'est à un rythme plus lent que précédemment.
Pour ne rien arranger, malgré tous les grands discours sur la relance par l'investissement public, celui-ci a reculé pour le troisième trimestre consécutif. Et sa chute s'accélère: c'est l'effet de l'asphyxie financière des collectivités locales. Engager, dans un tel contexte, une politique de rigueur ambitieuse risque fort de nous faire replonger dans la récession (voir page 7).
"Les comptes trimestriels de l'Insee", accessible sur www.insee.fr
Guillaume Duval
Alternatives Economiques n° 292 - juin 2010
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Ces collectivités, pour y remédier, peuvent-elles
Créer une taxe idoine ?
Emprunter ?
- leurs capacités de remboursement diminuent du fait de la baisse des rentrées fiscales consécutives aux non compensations de l'Etat dans la mise en place des réformes hasardeuses, du fait également de l'amoindrissement des quotients fiscaux (taxe d'habitation, foncière,...). Il aurait fallu pour la fiscalité locale que les collectivités sachent utiliser les deux leviers que constituent les taux et l'assiette. En n'utilisant que les taux, elles se sont peu à peu privées d'une souplesse qu'elles ne retrouveront plus.
- le deuxième élément tient au désengagement de l'Etat avec notamment la quasi disparition des contrats Etat-Région. Les capacités d'investissement des collectivités vont disparaitre, elles vont être réduites à n'assurer que le fonctionnement et encore en réduisant drastiquement les services publics locaux. Le risque porte également sur les salaires des fonctionnaires territoriaux dont une partie est constituée par des primes dont les collectivités ne pourront plus à terme assurer le paiement.
- l'alibi du mille feuilles tient mais là aussi les économies réalisées par la chasse aux doublons voire la suppression d'échelons territoriaux représentera des broutilles à comparer avec le chiffre de ce matin où la dette publique représente à présent 80 % du PIB.
- Une des solutions passe évidemment par la réforme de la fiscalité et la réhabilitation de l'impôt sur le revenu.