Chômage: il faut innover!
Stéphanie Laguérodie, maître de conférences en économie à Paris I
Alternatives Economiques n° 290 - avril 2010
Le taux de chômage est remonté à 10% et la situation de l'emploi ne devrait pas s'améliorer dans l'immédiat. Un million de demandeurs d'emploi arriveront à la fin de leurs droits à l'indemnisation au cours de l'année 2010. Parmi eux, environ 40% se retrouveront sans aucun revenu. Leur sort a suscité une inquiétude justifiée. Le problème n'est pas nouveau, mais il atteint cette année un niveau record, alors que les chances de retrouver un emploi pour ces personnes sont très faibles en raison de l'état du marché du travail. Une modification des conditions d'indemnisation est actuellement discutée. Elle a peu de chances cependant de déboucher sur autre chose qu'un pis-aller qui ne compensera pas, loin de là, la "double peine" (absence de travail et perte de revenus) subie par ces chômeur.
On pourrait envisager par contre des solutions originales associant retour à l'emploi de ces personnes et départ en retraite. Les salariés partant à la retraite en 2011 pourraient, dans un cadre négocié au niveau de leur branche ou de leur entreprise, bénéficier d'un dispositif qui les placerait, six mois avant leur départ, à trois cinquièmes de temps de travail, pour un salaire inchangé. Sur leur poste, un demandeur d'emploi arrivé aux deux tiers de sa durée d'indemnisation pourrait être embauché en CDI. Il bénéficierait ainsi d'une transmission de connaissance de la part du futur retraité. Le salaire de cet ex-chômeur serait financé pendant six mois par la solidarité nationale.
Une telle mesure pourrait concerner 100 000 personnes par an et coûterait entre 1,2 et 1,7 milliard d'euros aux finances publiques. Elle permettrait d'allier transmission des savoirs, départs progressifs en retraite (pour les salariés qui le souhaitent) et retour à l'emploi, tout en soutenant également la demande.
"Une proposition simple d'aide au retour à l'emploi des fins de droits par tuilage avec les départs en retraite", par Hervé Defalvard, Stéphanie Laguérodie et François Legendre. Une version encore provisoire de cet article est disponible sur http://fj.legendre.free.fr
Stéphanie Laguérodie, maître de conférences en économie à Paris I
Alternatives Economiques n° 290 - avril 2010
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Je rajoute un élément qui peut faciliter le passage de témoins : le travail à distance :
- en fin de carrière, le senior serait autorisé à travailler en partie à son domicile pour, en particulier, établir l'état de ses savoirs ;
- avant d'entrer officiellemnt dans l'entreprise, le chômeur ou le jeune serait invité à découvrir ce monde nouveau, également à distance.
Mis ensemble, ces deux moyens seraient de nature à adoucir les pentes (celle du départ en retaite et celle de l'accès à l'emploi)
Serge Le Roux
VP de l'AFTT
et bonjour à Hervé (un ancien de Boisséjour)