Chine: les fonctionnaires font grise mine
Alternatives Internationales n° 029 - novembre 2005
Cela fait des années que la Chine promet de sévir. Cela fait des années que les 28000 mines de charbon sans normes de sécurité aucune continuent de tuer des milliers de "gueules noires". Officiellement 6000 en 2004 (près de 20000 selon le China Labour Bulletin), un record mondial. Il y a cinq ans, des milliers de petites exploitations illégales avaient bien reçu l'ordre de fermer, mais elles avaient rouvert dès le départ des inspecteurs. Dans un pays dont la croissance est d'au moins 9% depuis dix ans, la demande est trop forte. Le charbon fournit 70% de l'énergie nationale et la consommation augmente de 15% chaque année. Un filon juteux pour les fonctionnaires auxquels les détenteurs de mines sauvages proposent des parts contre des titres de propriété légaux… En août dernier, Pékin a enfin décidé de frapper un grand coup, en sommant ses agents de renoncer à leurs participations sous peine de sanctions allant jusqu'au licenciement. D'abord récalcitrants ("plutôt perdre son poste que ses dividendes"), ignorant la date limite de remise des titres (le 22 septembre, initialement), les fonctionnaires cèdent peu à peu. Ici 175 officiels renoncent à 1,8 million de dollars, là 119 autres à 800000 dollars… Tous pourtant n'auront pas respecté le nouveau délai de renoncement, le 20 octobre. Bientôt virés?
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