Cambodge, l'exigence d'un procès au pays
Christine Chaumeau
Alternatives Internationales n° 035 - juin 2007
Méfiants vis-à-vis d'étrangers qui ont "soutenu" les Khmers rouges, les Cambodgiens ont exigé un procès local. Mais tous les criminels ne seront pas forcément jugés. Alors que victimes et bourreaux cohabitent.
Depuis juillet 2006, les magistrats chargés de juger les responsables des crimes commis par les Khmers rouges sont au travail. Pourtant, les Cambodgiens attendent toujours les premières inculpations. Après sept ans d'âpres négociations entre le gouvernement et l'ONU, le fonctionnement du Tribunal international spécial est complexe. Les juristes de l'ONU avaient d'abord préconisé la création d'un tribunal ad hoc sur le modèle de celui de La Haye. Mais, fort de sa victoire sur les derniers guérilleros et au nom de la souveraineté nationale, le Premier ministre Hun Sen insistait pour que le procès ait lieu dans le pays et que l'Etat garde la haute main sur son déroulement. Les coupables et les victimes sont cambodgiens, et les délits ont été commis ici.
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