Bangladesh, le trésor des émigrés
Jérémie Codron, Doctorant au Ceri. Il achève actuellement sa thèse sur Les mouvements islamistes et la question nationale
Alternatives Internationales Hors-série n° 003 - décembre 2005
En 2004, 3,5 milliards de dollars ont été rapatriés par les Bangladais de l'étranger. Mais cette manne décourage l'activité productrice du pays. Paradoxal.
Nous n'avons souvent en tête, à propos du Bangladesh, que récits d'inondations bibliques et visions d'êtres décharnés par la famine. Cet imaginaire ne correspond plus guère à la réalité d'un pays qui a atteint l'autosuffisance alimentaire au début des années 90 et maîtrise pour l'essentiel ses désordres climatiques. Mais il reste suffisamment vivace pour que nul ne songe à parler d'une richesse bangladaise. Pourtant, avec 3,5 milliards de dollars en 2004, l'argent des émigrés constitue une immense ressource pour ce pays qui reste l'un des plus pauvres de la planète. Et encore ne s'agit-il là que des revenus officiellement enregistrés par le système bancaire.
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